Fanfan Li : Pérégrination vers l’ouest

Fan Fan Li

Sophie Carre ©

Au terme de trois années d’intense travail créatif, et à l’occasion des cinquante ans de l’établissement des relations diplomatiques entre la Chine et la France, l’une des plus exigeantes maisons d’édition de bibliophilie contemporaine publie un choix de textes d’un grand classique de la littérature chinoise de l’époque Ming, illustré par l’artiste d’origine chinoise Fanfan Li.

Fanfan Li – (李芳芳) est une artiste formée dans l’une des traditions les plus exigeantes de la peinture chinoise, codifiée dès le XIIe siècle sous la dynastie des Sung.
Son prénom, qui est déjà toute une promesse, lui fut donné en écho au personnage de Fanfan la Tulipe incarné par Gérard Philipe, lequel, disait sa mère, « poursuit son idéal au péril de sa vie. Je souhaiterais que ma fille se forge un tel caractère, afin qu’elle donne un sens à son existence ». Mais Fanfan signifie également en chinois « arôme de fleur » ; c’est ainsi que, sous ce double et fécond patronage, l’artiste évolue entre spiritualité chinoise et art occidental (elle apprécie tout particulièrement dans ce dernier les œuvres de Turner, Kandinsky et Odilon Redon).
Après une formation en Chine (auprès de Shen Rou Jian, en charge de la culture à Shanghai, puis de Yu Ji Gao, Président de l’Académie des Beaux-arts de Jiangsu) et aux Etats-Unis, Fanfan Li dessine des modèles de bijoux pour Van Cleef & Arpels, puis pour Bulgari. Elle vit 16 ans aux Etats-Unis avant de s’installer en 2002 en France, où elle travaille pour diverses maisons de luxe comme Céline ou Cartier. Elle continue en parallèle sa peinture empreinte de symbolisme et de subtilité, créant de grandes fresques aux teintes délicates et transparentes qui sont autant de voyages à travers le temps, l’espace, les éléments.
Rien d’étonnant donc à ce que l’un des monuments de la littérature chinoise, « La Pérégrination vers l’Ouest », ait inspiré l’artiste. Elle a ainsi choisi dans cette foisonnante épopée quelques épisodes particulièrement significatifs et leur a offert une nouvelle vie à travers une invitation au voyage. Chaque lithographie est une étape dans le long périple menant le moine Xuanzang dans sa quête des soutras, de la Chine à l’Inde. On y croise un dragon d’eau avalant un cheval, une princesse lièvre, un éventail magique qui grandit, rapetisse et éteint les montagnes en feu, un singe se transformant en mouche afin d’être avalé par une princesse en se dissimulant dans la vapeur de son thé, le tout mis en valeur à travers une subtile représentation des éléments, de la nature, de la montagne et des saisons.

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