Nougaro : Le Jazz et la Java

Jean François Arrigoni Neri grand amateur de jazz a voulu rendre hommage à son ami Claude Nougaro en illustrant 30 chansons du « souffleur de vers ».

Toujours prompt à évoquer un souvenir, jamais à court d’anecdotes, Jean-François Arrigoni Neri a la
faconde des amoureux de la vie des hommes sensuels, des gourmands.
D’ailleurs, il n’est pas indifférent que son autobiographie à la manière du Georges Perec de Je me souviens s’intitule « Le Millefeuille de la vie », retraçant un parcours ponctué d’odeurs et de saveurs. Cet italo-breton rêvait déjà à l’âge de neuf ans de dessin et de couleurs en passant devant la boutique d’un peintre marchand de couleurs à Lorient.
« J’aimais déjà dessiner à l’école. Au catéchisme, je me tapais tous les dessins des copains », raconte l’espiègle Arrigoni Neri avec sa gouaille parigote.
Un instituteur, peintre et mélomane, pousse le jeune garçon doué à tenter le concours de l’école Estienne au moment du certificat d’études.

Malgré le scepticisme de certains, Jean-François, déjà décontracté, obtient les deux haut la main. À quatorze ans, au début des années 1950, il entre pour quatre ans chez Estienne, où il croisera la route de Michel Vincent, un autre dessinateur graveur renommé
dans le domaine de la bibliophilie et disparu l’an dernier (voir son portrait page 64).
Arrigoni Neri apprend son métier de graveur et se voit affublé du surnom de « Peppone » qui ne le quittera plus.

À la sortie de l’école Estienne se profile l’Algérie où le jeune homme effectue trente et un mois de service militaire.
Il en retire au moins son goût et son talent pour les dessins orientalistes, toujours un des thèmes de son oeuvre.

À la même époque, il rencontre la femme de sa vie, Andrée, avec laquelle il a fêté leurs noces d’or fin 2009.

Le graveur ne reste pas en place. Il travaille dans l’édition puis dans des studios de création graphique.
Dans les années 1960, sa vocation de dessinateur et d’illustrateur s’impose avec force.
Il s’installe à son compte en 1969, et les maisons les plus prestigieuses (Havas, Hermès … ) lui confient leurs campagnes de publicité.

Arrigoni Neri cultive aussi la passion du sport et de la musique où il compte de nombreux amis. Il illustre avec le même talent les
 grands événements sportifs, sportifs de haut niveau et jazzmen réputés.
En 1985, lassé de la
 publicité, il décide de se consacrer uniquement à la peinture. Le professionnel reconnu devient 
artiste.
Dessin, peinture, lithographie, Arrigoni Neri sait tout faire avec la précision du trait et la luminosité des couleurs qui caractérisent son
style. « Une maison a des fondations, pour moi les fondations sont le dessin », indique-t-il lorsqu’il parle technique.
Après avoir posé les
« fondations », l’artiste peut porter ses couleurs selon la technique ancestrale tempéra (pigments hés avec du jaune d’oeuf).

Sa rencontre avec les Editions Les Heures Claires, par le biais de Michel Vincent, aurait pu se faire depuis longtemps.
Pourtant, ce n’est qu’à l’enterrement de celui-ci que Daniel David, directeur des Edition des Heures Claires (voir son portrait page 14 ), et Jean-François Arrigoni Neri 
évoquent un « projet Nougaro » qui a abouti en 2010.
Il s’agit de 30 chansons du « petit taureau toulousain » illustrées par 20 lithographies et
 30 dessins.
Rendre hommage à son ami Claude ne pouvait que réjouir Jean-François, qui s’est lancé avec passion dans cette 
aventure, Le Jazz et la Java. »

 

 

No comments yet.

Laisser un commentaire